Il y a un an, j’ai vécu ce que je croyais être une chute vertigineuse, une dégringolade sans retour. Mon corps, mon esprit, tout m’avait lâché. C’était un burn out.
Un épuisement total, non seulement physique mais aussi mental. Ce n’était pas reconnu par la CPAM – ça ne l’ai toujours pas – mais cela n’a rien changé au fait que j’étais au bord du gouffre. Et au bout du chemin : un licenciement pour inaptitude à mon poste. Une décision qui, loin de me libérer, a en fait marqué un nouveau chapitre dans ma reconstruction, un chemin semé d’embûches. Aujourd’hui, un an après, je suis suivi par un psychologue du travail à France Travail, mais l’isolement persiste. Je me sens toujours aussi seul, démuni face à cette tâche colossale qu’est la reconstruction.
Un burn out : l’annonce d’une chute
Le burn out est souvent perçu comme une « défaillance » ou une « faiblesse », mais il est bien plus que cela. C’est le signe d’un système, d’un environnement de travail qui a complètement épuisé les ressources d’un individu, qui a poussé au-delà des limites. Je n’ai pas vu les signes avant-coureurs, ou je les ai ignorés, pensant que je pouvais tenir. Mais la vérité, c’est que j’ai tenu jusqu’au moment où je n’ai plus pu. La réalité du burn-out, c’est qu’il vous met à terre, sans pitié, sans prévenir.
Ne pas avoir été reconnu par la CPAM a été un coup dur supplémentaire. Non seulement je devais faire face à la souffrance psychologique et physique du burn out, mais il fallait aussi gérer cette absence de reconnaissance officielle. On se sent invisibilisé, comme si notre douleur n’était pas légitime. Cette sensation de n’être rien, de ne pas compter, s’est intensifiée, alors que j’avais besoin de tout le contraire : du soutien, de la compréhension, de la validation.
Le licenciement : une porte fermée, mais aussi une ouverture
Après plusieurs mois de lutte interne et d’épuisement croissant, le licenciement est tombé : « inapte à votre poste ». Un choc.
Ce n’est pas simplement la perte d’un emploi, c’était un coup porté à mon identité, à mon sens de la valeur personnelle. C’est aussi la mise en lumière de la précarité d’un système qui semble plus préoccupé par l’efficacité et la rentabilité que par la santé de ses employés. Mais paradoxalement, cette situation a également ouvert une porte vers un possible renouveau. J’étais forcé de me remettre en question, de repenser mes priorités, mes aspirations.
Cela n’a pas été simple, loin de là. Mais j’ai compris que ce licenciement, bien qu’il ait été un choc, n’était pas la fin de tout. C’était peut-être le début de quelque chose de nouveau, même si je n’avais pas encore la force de l’appréhender.
Le suivi psychologique : un pas vers la reconstruction
Aujourd’hui, un an après, je suis suivi par une psychologue du travail à France Travail. Ce suivi est une bouée de sauvetage, mais il ne suffit pas à guérir toutes les blessures. La reconstruction est un chemin long, difficile, fait de hauts et de bas. J’essaie d’y voir plus clair, de reprendre confiance, d’accepter que je ne suis pas responsable de ce qui m’est arrivé, même si j’ai parfois du mal à m’en convaincre. Le sentiment de culpabilité est omniprésent, comme une ombre que je n’arrive pas à chasser.
Mais il y a des progrès, des petites victoires. Je commence à comprendre que la guérison n’est pas un retour à la situation d’avant, mais une réinvention de soi-même. C’est accepter que, certes, une part de moi a été profondément marquée par ce burn out, mais que je peux continuer à avancer. Le fait de parler, de m’exprimer, de mettre des mots sur mes émotions, m’aide énormément. Cependant, cette reconstruction reste semée de doutes et de solitude. L’isolement est un compagnon de route difficile. Même si je suis entourée de professionnels, j’ai l’impression de marcher seule. La société, parfois, semble ne pas comprendre ce que c’est que de vivre un burn out et d’en sortir, ou du moins d’essayer d’en sortir.
La solitude : un combat au quotidien
Le plus grand défi reste sans doute l’isolement. Il est facile de se perdre dans ses pensées et de croire que personne ne peut comprendre ce qu’on traverse. La reconstruction après un burn out, c’est aussi apprendre à redonner du sens à sa vie, à retrouver une place dans un monde qui nous a fait sentir invisibles. Les autres, ceux qui n’ont jamais vécu cela, ne peuvent pas toujours saisir l’ampleur de la souffrance. Et cela rend la solitude encore plus pesante.
Je me rends compte, au fil des mois, que reconstruire sa vie après un burn out, c’est aussi accepter que cette reconstruction ne se fait dans la lenteur et la résilience. C’est un processus, pas un événement ponctuel. Chaque petite étape, même si elle semble paraître insignifiante, est un pas vers la guérison.
Il y a un an, j’étais au bord du gouffre, et aujourd’hui, je tente de reconstruire un quotidien qui me ressemble. Je ne suis pas encore arrivé, je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais je sais une chose : la guérison est possible. Ce n’est pas facile, mais chaque jour je trouve un peu plus de force pour avancer. Si ce témoignage peut aider quelqu’un à se sentir moins seul, à comprendre que la reconstruction prend du temps, alors il aura servi à quelque chose. Reprendre sa vie en main après un burn out, c’est comme repartir à zéro, mais avec la sagesse de l’expérience. La solitude est un défi, mais elle ne doit pas définir notre parcours. Chaque jour est une nouvelle occasion de redécouvrir qui nous sommes et ce qui compte réellement pour nous. Il ne faut jamais oublier qu’après la chute, il y a toujours une possibilité de se relever.


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